L’inauguration du nouveau Cœur de Ville de Mouans-Sartoux, aux côtés du maire Pierre Aschieri et des acteurs du projet, est l’occasion de rappeler une évidence : le logement est bien plus qu’un toit. C’est une condition essentielle de la dignité humaine, de l’autonomie et de l’accès aux droits. Avec ses 51 logements à loyer modéré destinés aux seniors, son pôle médical, ses services publics et sa salle de spectacle, cette réalisation propose une manière de penser la ville autour des besoins de ses habitants.

Se loger dignement : une urgence sociale
Cette approche est particulièrement importante dans notre territoire, où se loger devient de plus en plus difficile pour de nombreuses familles, les jeunes actifs, les travailleurs essentiels et les personnes âgées.
Les chiffres nationaux témoignent de l’ampleur de la crise. Selon la Fondation pour le Logement des Défavorisés, 350 000 personnes étaient sans domicile en France dans son rapport publié en 2025. À la mi-2024, plus de 2,7 millions de ménages attendaient un logement social. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la situation est particulièrement tendue : au 1er janvier 2025, le parc social représentait seulement 14,4 % des résidences principales, contre 17,3 % à l’échelle nationale. Dans les Alpes-Maritimes, on comptait 579 logements sociaux pour 10 000 habitants. Ces données illustrent le décalage entre les besoins et les possibilités de logement abordable.
Derrière ces statistiques, il y a des réalités quotidiennes : des jeunes contraints de rester chez leurs parents, des salariés qui s’éloignent de leur lieu de travail, des familles qui consacrent une part excessive de leurs revenus au loyer et des retraités qui peinent à trouver un logement adapté à leurs ressources et à leur autonomie.
Le logement ne peut pas être abandonné aux seules logiques du marché
Il relève de l’intérêt général et appelle une politique publique ambitieuse, qui favorise la construction de logements sociaux et abordables, la rénovation de l’habitat existant et la mobilisation des logements durablement vacants, lorsque cela est possible.
Mais construire davantage ne signifie pas construire n’importe comment, ni consommer toujours plus d’espaces naturels et agricoles. La crise du logement et l’urgence climatique doivent être traitées ensemble.
L’exemple de Mouans-Sartoux montre qu’il est possible de concilier logement abordable, services de proximité et qualité de vie.
Cette logique doit nous inspirer à l’échelle du Pays de Grasse. Réhabiliter les bâtiments existants, transformer les locaux inutilisés lorsque cela est pertinent, construire sur des espaces déjà urbanisés et préserver les terres agricoles constituent autant de leviers pour répondre aux besoins sans étendre indéfiniment l’artificialisation des sols.
Un transition écologique et énergétique
La transition écologique doit aussi se traduire dans les logements eux-mêmes : isolation thermique, confort d’été, végétalisation et réduction des consommations énergétiques. Ces investissements permettent de lutter contre la précarité énergétique, alors que les ménages modestes sont souvent les plus exposés aux logements mal isolés et aux fortes chaleurs. L’écologie ne doit pas être un luxe, mais un moyen d’améliorer concrètement les conditions de vie.
Se loger dignement ne doit pas être un privilège. C’est un droit fondamental et une condition de l’égalité républicaine.
Faire du logement une priorité politique
Comme élu local, je défends une politique du logement qui place les habitants au centre des décisions. Cela suppose de renforcer la production de logements sociaux, de développer le logement intermédiaire, de faciliter l’accès des jeunes à un premier logement et d’accompagner les seniors vers des logements accessibles et adaptés.
Le Département, les communes, l’intercommunalité, les bailleurs sociaux et l’État doivent travailler ensemble, chacun dans son champ de compétences, pour mieux coordonner les projets et répondre aux besoins réels du territoire. Il faut également veiller à ce que les nouveaux quartiers disposent de transports, d’écoles, de commerces et de services publics accessibles.