À l’appel du maire de Trappes, Ali Rabeh, et avec le soutien de l’AMF, un rassemblement contre le racisme s’est tenu aujourd’hui à Mouans-Sartoux.
Je remercie la municipalité d’avoir pris l’initiative d’organiser ce rendez-vous à l’échelle locale. Je regrette toutefois que d’autres municipalités n’aient pas répondu à cet appel à la mobilisation contre le racisme et les actes de haine qui en découlent.
nous avons besoin de ces moments de paix et de concorde.
Un attentat au mobile raciste
L’auteur présumé de l’attentat à caractère raciste, qui a fait un mort et sept blessés, a été mis en examen hier pour « assassinat » et « tentatives d’assassinats », en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante liée « à l’appartenance, réelle ou supposée, des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée ».
Les éléments révélés au cours de l’enquête sont particulièrement accablants quant au mobile raciste de cet acte. Selon les informations communiquées par le parquet antiterroriste, le suspect a reconnu avoir ciblé des personnes « musulmanes, africaines ou nord-africaines ».
Il a également affirmé aux enquêteurs avoir choisi « le lieu de son action » parce que Trappes serait, selon ses propres termes, « un repaire d’islamistes ».
Ces déclarations illustrent la dangerosité des amalgames, des préjugés et des discours de haine lorsqu’ils deviennent le fondement d’une idéologie violente.
face à ce crime, rendons hommage à Pengo, Ahmed, Ramatou et toutes les victimes de cet acte odieux.
Un cri d’alarme face à la banalisation du racisme
Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Les injures, les discriminations, les provocations à la haine et les violences racistes sont des infractions qui doivent être dénoncées, poursuivies et sanctionnées par la justice.
La lutte contre le racisme ne peut se limiter aux déclarations de principe : elle exige des actes et une véritable mobilisation collective.
Il est de notre devoir collectif, aujourd’hui, à l’heure où les propos à caractère raciste, antisémite, islamophobe et xénophobe tendent à se banaliser, de nous mobiliser pour les combattre et de ne jamais laisser ceux qui les propagent agir sans être dénoncés.
L’Histoire nous enseigne combien les discours peuvent rapidement se transformer en actes. Les frontières entre les paroles de haine et les actes criminels peuvent être franchies bien plus rapidement qu’on ne l’imagine, parfois dans l’indifférence la plus totale.
C’est précisément pourquoi nous ne devons jamais banaliser ces discours ni sous-estimer leur dangerosité.
Désigner un groupe comme ennemi pour mieux contrôler la population et s’attirer ses faveurs est une technique politique vieille comme l’humanité. Faire des étrangers, des musulmans, des minorités ou de toute autre catégorie de population des boucs émissaires des difficultés de notre société est un procédé qui divise, détourne l’attention des véritables enjeux et fragilise notre contrat social.
Nous devons rester vigilants face à ces stratégies de division, dénoncer les discours qui les alimentent et combattre ces mécanismes qui, loin d’apporter des solutions, ne font qu’attiser les tensions, nourrir la haine et causer du tort à l’humanité.
Les chiffres témoignent de l’ampleur du phénomène et doivent nous alerter. En 2025, plus de 16 400 infractions à caractère raciste, anti-religieux et xénophobe ont été enregistrées en France. Plus inquiétant encore, les actes antimusulmans ont bondi de 88 % en un an. Derrière ces statistiques, il y a des femmes, des hommes et des familles confrontés quotidiennement aux insultes, aux discriminations, aux menaces et parfois aux violences. Nous ne pouvons ni banaliser cette réalité ni détourner le regard.
Les valeurs républicaines doivent se traduire en actes
En tant qu’élus locaux, nous avons une responsabilité particulière. Nos communes sont des lieux de vie, de rencontre et des solidarités. Elles doivent être des espaces où chacun, quelles que soient ses origines, sa religion ou ses convictions, peut vivre dignement, sans subir de discrimination ni de stigmatisation.
Un élu local a également pour responsabilité d’ouvrir les espaces publics à toutes et tous, sans distinction de religion ou de conviction. Il doit garantir à chacun la liberté de conscience, y compris lorsque les convictions exprimées ne sont pas les siennes. Respecter cette liberté, c’est accepter la différence et protéger le droit de chacun à vivre ses convictions, dans le respect de la loi, de l’ordre public et des droits d’autrui.
La République ne peut pas être à géométrie variable. La liberté, l’égalité et la fraternité doivent s’appliquer à toutes et tous, sans distinction.
Celles et ceux qui propagent des discours racistes, antisémites, islamophobes ou xénophobes ne peuvent prétendre banaliser leurs propos ni les faire passer pour de simples opinions dans le débat public. Y compris quand elles sont diffusées par des chaines qui se disent d’information.
La liberté d’expression est un pilier de notre démocratie, mais elle ne saurait servir de prétexte à la propagation de la haine et à la stigmatisation d’une partie de nos concitoyens.
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, article 10, 26 août 1789.