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Général 1 septembre 2026
Par Mathieu Panciatici

Rentrée scolaire 2026 : une école pour toutes et tous, à la hauteur des défis de notre temps

La rentrée scolaire est toujours un moment particulier. Pour les élèves, les familles et les équipes éducatives, elle marque le début d’une nouvelle année faite de découvertes, d’apprentissages, de projets et, parfois, d’inquiétudes. Pour moi, elle revêt une dimension toute particulière : celle d’un professeur d’histoire-géographie exerçant dans les collèges de Peymeinade et de Grasse, mais également celle d’un élu local, conseiller municipal d’opposition à Peymeinade et conseiller départemental du Pays de Grasse.

Ces deux engagements, profondément complémentaires, me rappellent chaque jour combien l’école est essentielle à notre société et combien nous avons la responsabilité collective de lui donner les moyens de remplir pleinement sa mission.

L’école doit être un lieu d’émancipation, de protection et d’égalité des chances. Elle est l’un des rares espaces où chaque enfant, quelles que soient son origine sociale, sa situation familiale, ses convictions ou ses difficultés, doit pouvoir apprendre, grandir et trouver sa place dans la société.

Pourtant, aujourd’hui, cette réalité est de plus en plus ébranlée : le manque de moyen, la surcharge des classes, la diversion des réseaux sociaux… Ce sont tant de combats nouveaux que l’Éducation nationale doit mener.

Le changement climatique : adapter nos écoles dès aujourd’hui

Cette rentrée intervient également dans un contexte où les conséquences du changement climatique sont de plus en plus perceptibles. Les épisodes de fortes chaleurs, particulièrement important cet été avec six canicules au total, nous obligent à repenser nos bâtiments scolaires et les espaces dans lesquels nos enfants passent une grande partie de leurs journées.

Comment demander à un élève de se concentrer lorsque sa salle de classe devient étouffante ? Comment garantir de bonnes conditions d’apprentissage lorsque les cours de récréation, largement recouvertes de bitume, se transforment en véritables îlots de chaleur ?

L’adaptation de nos établissements scolaires ne peut plus être considérée comme une question secondaire. Elle doit devenir une priorité de nos politiques publiques. C’est en ce sens que j’ai proposé dès 2021 un large plan climat collèges dans le département.

Cela passe par la rénovation thermique des bâtiments, une meilleure isolation, la protection solaire des fenêtres, une ventilation adaptée et, lorsque cela est pertinent, le recours à des solutions de rafraîchissement compatibles avec les exigences environnementales. Cela suppose également de repenser nos cours de récréation en privilégiant la végétalisation, la plantation d’arbres, la création de zones ombragées et la désimperméabilisation des sols.

En tant que conseiller départemental, je suis particulièrement attentif à la qualité des quatre collèges du canton. En tant qu’élu municipal, je sais également que les écoles de Peymeinade nécessitent une attention constante, dans la continuité des mandats précèdents.

Une école véritablement inclusive

L’inclusion scolaire est l’un des grands enjeux de notre système éducatif. Accueillir tous les élèves ne peut pas se résumer à les inscrire dans un établissement. Il faut leur permettre d’apprendre dans les meilleures conditions possibles, de progresser et de participer pleinement à la vie de leur classe.

Les élèves en situation de handicap, ceux allophones arrivants, ceux qui rencontrent des difficultés d’apprentissage ou qui ont besoin d’un accompagnement spécifique doivent pouvoir bénéficier de réponses adaptées à leurs besoins. Cela suppose des moyens humains suffisants, des enseignants formés, des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) en nombre suffisant, payé à hauteur de leur mission et reconnus dans leur métier, ainsi qu’une coopération étroite entre les équipes pédagogiques, les familles et les professionnels concernés.

En tant qu’enseignant, je mesure combien le manque de temps, de personnel ou d’accompagnement peut fragiliser les parcours. Nous sommes nombreux à souffrir de la surcharge des classes et du manque de temps à consacrer individuellement à chaque enfant.

En tant qu’élu, je considère que nous devons faire de cette exigence une priorité partagée par l’État, les collectivités territoriales et l’ensemble des acteurs éducatifs. J’ai par ailleurs engager des discussions avec le rectorat pour ouvrir de nouvelles classes ULIS sur le pays grassois, mais aussi avec des associations pour permettre de construire un établissement spécialisé dans le canton.

L’École, pilier de notre République

N’oublions pas que l’École est l’un des piliers de notre République et que ses professeurs en sont « les hussards ».

« Les maîtres d’école sont des jardiniers en intelligences humaines. »
Victor HUGO

L’école de la République n’est pas seulement un lieu où l’on apprend à lire, à écrire, à compter ou à comprendre le monde. C’est aussi un espace où l’on apprend à vivre ensemble, à débattre, à respecter les autres et à exercer son esprit critique.

La laïcité y occupe une place fondamentale. Elle garantit la liberté de conscience, protège la liberté de croire ou de ne pas croire et permet à chacun de trouver sa place dans un cadre commun. Elle n’est ni une exclusion ni une opposition aux convictions personnelles : elle est une condition essentielle de la liberté et de l’égalité entre les élèves.

L’égalité doit également être au cœur de notre engagement éducatif. Elle implique de lutter contre les discriminations, les préjugés et les déterminismes sociaux qui peuvent entraver les parcours. Aucun enfant ne devrait voir ses ambitions limitées par son milieu d’origine, son handicap, son genre ou sa situation familiale.

La fraternité, enfin, nous rappelle que nous appartenons à une communauté humaine dans laquelle les solidarités doivent primer sur le rejet. Elle se construit dans les gestes du quotidien, dans l’attention portée aux plus fragiles, dans la prévention du harcèlement et dans la capacité à reconnaître la dignité de chacun.

À ces valeurs s’ajoute une exigence essentielle : l’humanité. L’école doit rester un lieu où l’on apprend à comprendre l’autre, à accueillir les différences et à exercer son jugement avec discernement. Dans une société traversée par les tensions, les discours de haine et la désinformation, elle joue un rôle irremplaçable pour former des citoyens libres, éclairés et responsables.

En tant que professeur d’Histoire-Géographie, je suis particulièrement conscient de cette responsabilité. Enseigner l’histoire, c’est transmettre des connaissances, mais aussi donner aux élèves les outils nécessaires pour comprendre le présent, mesurer la complexité du monde et tirer les enseignements du passé. Enseigner la géographie, c’est les aider à comprendre les territoires, les inégalités et les défis environnementaux auxquels nos sociétés sont confrontées.

Mais j’ai aussi conscience du manque de moyens et de vision de notre éducation qui a du mal à s’adapter à un monde qui change trop vite.

Une responsabilité collective

L’École est donc une responsabilité collective de notre société. Chacun d’entre nous, que l’on soit parents, grands-parents, enseignants, élèves, élu ou simple citoyen, nous devons défendre cette école sociale, ouverte et propice aux apprentissages.

Les enseignants doivent pouvoir exercer leur métier dans des conditions dignes, avec du temps pour préparer leurs cours, accompagner leurs élèves et travailler en équipe. Les familles doivent être considérées comme des partenaires essentiels. Les collectivités doivent poursuivre leurs efforts pour proposer des établissements accueillants, accessibles, sûrs et adaptés aux évolutions de notre société.

Il nous faut également entendre les attentes des élèves eux-mêmes. Leur donner la parole, les associer aux projets de leur établissement et les sensibiliser à la citoyenneté, à l’environnement et à la solidarité, c’est déjà leur permettre de devenir les acteurs de demain.

En cette rentrée 2026, je souhaite donc une excellente année scolaire à tous les élèves, aux familles, aux enseignants, aux AESH, aux personnels de vie scolaire, aux agents techniques et à toutes celles et ceux qui font vivre quotidiennement nos établissements.

Je forme le vœu que cette année soit placée sous le signe de la réussite, de l’écoute, de la solidarité et du respect.

Car défendre l’école, ce n’est pas seulement défendre une institution. C’est défendre une certaine idée de notre société : une société qui croit en sa jeunesse, refuse de laisser des enfants au bord du chemin et fait de l’éducation un levier d’émancipation, de justice sociale et de progrès commun.

« Chaque fois qu’on ouvre une école, on ferme une prison »
Louis-Charles Jourdan

Mathieu Panciatici Conseiller municipal & conseiller départemental des Alpes-Maritimes
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